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POURQUOI UNE AIRE MARINE PROTEGEE
La pêche au Sénégal
Avec la crise du secteur agricole,
entraînant le déclin de la filière arachide,
la pêche est devenue le premier secteur de
l’économie sénégalaise. Aujourd’hui, le
secteur de la pêche au Sénégal contribue à
hauteur de 10 % au PIB. Il constitue le
premier poste d’exportation avec 30 % des
montants et emploie 20 % de la population
active, soit 600 000 personnes. De plus,
dans toutes les régions du Sénégal (à
l’exception de Tambacounda), la part du
poisson dans la consommation de protéines
animales est supérieure à 75 %.
Surexploitation des ressources marines
La pêche artisanale qui assure 80 % des débarquements et
près de 60 % de l’approvisionnement des
usines exportatrices de poissons, s’est
adaptée très vite aux conditions du marché.
En effet, après la dévaluation de 1994, la
demande extérieure de poissons nobles est
devenue encore plus importante que ce
qu’elle était par le passé. Les conséquences
directes de ce phénomène sont doubles :
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Baisse de la disponibilité pour les populations
locales de poissons bon marché.
§
Surexploitation des ressources : la pression
exercée sur les espèces exportables (souvent
reproducteurs lents) est telle que les
peuplements de poisson n’ont plus le temps
de se reproduire.
Une solution : les Aires Marines Protégées
De façon générale, la pêche a transformé les mers entraînant
un appauvrissement généralisé des espèces
ainsi que la modification et la destruction
des habitats. Certaines espèces sont
tellement vulnérables aux effets de la pêche
qu’elles ont disparu de la majeure partie de
leur aire de répartition. Pour plusieurs,
l’extinction semble imminente et les
réserves marines intégralement protégées
(Parcs Marins) sont peut être le seul moyen
de garantir leur survie.
L’AIRE MARINE PROTEGEE DU BAMBOUNG
La diversité et la richesse des écosystèmes
du bassin du Delta du Saloum lui ont valu
d’être érigé en Réserve de la Biosphère par
l’UNESCO le 16 mars 1981. C’est dans la
partie sud de ce delta que s’étend sur
environ 7 000 ha l’Aire Marine Protégée
du Bamboung (AMP).
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Cette AMP est un havre de paix et de
tranquillité pour les nombreux poissons
qui viennent grandir et se reproduire
dans l’enchevêtrement des racines des
palétuviers qui bordent les rives des
bolons. Durant sa phase juvénile, le
Thiof ou mérou bronzé, poisson
emblématique du Sénégal, affectionne
particulièrement cette zone tout comme
le lamantin. Ce mammifère marin, menacé
de disparition, vient s’abreuvé au
niveau des résurgences d’eau douce sur
les rives de l’île coco. Ces
sources
souterraines issues d’une nappe
phréatique importante réduisent la
salinité du bolon tout en augmentant la
transparence de l’eau. Ces conditions
spécifiques créent un climat
particulièrement favorable au
développement de la flore et la faune
maritimes. Le bolon du Bamboung est donc
parmi les plus riches en ressources
halieutiques du bassin du Delta du
Saloum.
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Vue de la Réserve de Biosphère
du Delta du Saloum |

Délimitation précise
de l’AMP
du Bamboung
Légende :
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Zone
centrale de l’AMP
Zone tampon
Limite de l’AMP
Campement
écotouristique |
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La partie terrestre est composée d’une grande zone de mangrove où
prospèrent des palétuviers arborés, des
zones de vasières lieux de prédilection de
nombreuses espèces d’oiseaux (héron Goliath,
pélicans gris, flamants roses, martins
pêcheurs…), une zone de savane arborée où
l’on rencontre des mammifères terrestres tel
que le guibs harnaché, la hyène tachetée, le
singe, le phacochère, etc.
On trouve également Diorom bu mag, l’un des plus importants amas coquilliers qui
renferme plus d’une centaine de tumulus
(tertres en coquilles renfermant les restes
de plusieurs défunts).
Cette AMP est le fruit d’un travail conjugué
entre l’expertise d’une association
sénégalaise de protection de
l’environnement, l’Océanium, la forte
volonté et motivation des populations
locales (les 15 villages de la périphérie de
l’AMP), l’engagement de la Communauté Rurale
de Toubacouta et l’appui financier du Fonds
Français de l’Environnement Mondial (FFEM).
Aujourd’hui cette zone est entièrement gérée
par les populations locales. Une quinzaine
d’éco-gardes des villages environnant se
relayent pour préserver leur richesse
naturelle.
LE CAMPEMENT ECOTOURISTIQUE KEUR BAMBOUNG
Pour pérenniser cette action communautaire
de gestion durable des ressources
naturelles, les populations s’adossent sur
le développement de l’écotourisme. C’est
ainsi que Keur Bamboung a été construit. Ce
campement écologique, posé sur les rives du
bolon du Bamboung, offre à ses visiteurs un
panorama exceptionnel sur la mangrove. |